Alors que l'école et la vie sociale se passent en ligne, le rôle de parent peut devenir plus délicat, mais il est plus important que jamais d'évaluer le bien-être numérique et la santé mentale de vos enfants.

À l’heure de la distanciation physique, il est sans doute plus important que jamais de rester branché. Surtout pour les jeunes. Pour les parents, il n’est pas toujours facile de savoir quand et comment intervenir auprès des enfants et des adolescents afin d’assurer leur sécurité et leur bien-être numérique. Il existe toutefois plusieurs façons pour les familles de rester branchées tout en assurant la sécurité et la santé mentale de chacun.

Lors d’un sondage réalisé en 2020 par One Youth et Unicef1, 69 % des Canadiens de 13 à 24 ans ont affirmé que la pandémie avait eu un effet négatif ou très négatif sur leur santé mentale.

86 % des répondants se préoccupaient de maintenir leurs liens avec parents et amis.

Le Web permet aux jeunes de s’instruire, de se divertir et de garder le contact avec leurs amis ; toutefois, la vie en ligne peut aussi engendrer des problèmes d’image corporelle, d’intimidation, de sommeil et de comportements autodestructeurs. Il est important de noter que le temps passé devant un écran peut entraîner des problèmes de santé mentale.

Établir un code de conduite

Pour les parents et les enfants qui naviguent dans une nouvelle réalité virtuelle, il peut être utile d’établir un code de conduite pour les activités en ligne. Pour les jeunes enfants, les règles peuvent être aussi simples que « Aucun appareil à table » et « Supervision parentale obligatoire ». Pour les enfants plus vieux et les adolescents présents dans les médias sociaux, les parents peuvent vouloir établir des limites afin de protéger renseignements personnels, mots de passe et photos.

P.-S. Tous les membres de la famille peuvent avoir des limites à respecter. Lorsque votre enfant de 12 ans vous supplie de retirer la vidéo gênante de son premier spectacle de danse, il peut être sage de l’écouter. Vous cherchez des conseils pour établir les règles de sécurité numérique de votre famille ? Le Conseil canadien de la sécurité peut vous guider.

Savoir reconnaître les signes de cyberintimidation

Les médias sociaux et la fonction de clavardage intégrée aux jeux vidéo peuvent aider les jeunes à trouver des amis, mais elles attirent parfois les « intimidateurs ». Selon les données recueillies de 2018 à 20202, le cinquième des cas d’intimidation a lieu dans les médias sociaux.

Si votre enfant devient cachottier au sujet de ses activités en ligne, s’il efface des comptes, ou s’il éviter d’utiliser des appareils qu’il adorait auparavant, il pourrait être victime d’intimidation. Le cas échéant, commencez d’abord par faire savoir à votre enfant qu’il peut se confier à vous – sans que vous portiez de jugement – au sujet de sa vie sociale.

Établir un dialogue numérique

La vie sociale n’est pas tout à fait la même à l’écran qu’en personne à l’école. Familiarisez-vous avec les jeux, les services et les applications qu’aime votre enfant, afin d’avoir une idée de sa façon de communiquer, des médias qu’il utilise, et des mesures qu’il prend pour protéger ses renseignements personnels. Sachez où et avec qui votre enfant passe son temps en ligne. Posez des questions. Manifestez de l’intérêt. Familiarisez-vous avec le vocabulaire. Cela vous aidera peut-être même à créer des liens. Une maman peut soudain gagner des points aux yeux de son enfant si elle sait discerner un Creeper d’une Cave Spider dans le jeu Minecraft.

Mettre les appareils de bonne heure au lit!

Pour se détendre avant l’heure du coucher, il vaut mieux couper la lumière bleue des écrans et opter plutôt pour une séance de musique relaxante, de lecture ou de méditation. Si votre enfant n’apprécie pas le son des vagues ou le yoga, pensez à l’équiper de lunettes qui filtrent la lumière bleue, ou encore d’une application de relaxation, afin de maintenir son rythme circadien normal.

Pourquoi ? Une dernière partie de « Candy Crush » avant le dodo peut paraître amusante pour les enfants (et même pour les adultes), mais elle risque de perturber la qualité et la durée du sommeil3.

Maximiser le temps de rencontre physique

Puisque l’école, le travail et la vie sociale sont en grande partie relégués à l’écran, les jeunes (et leurs parents !) peuvent sans doute tirer bienfait de quelques moments d’interaction en personne. Après plusieurs mois de confinement, vous et vos enfants avez peut-être l’impression d’avoir passé assez de temps ensemble, mais un repas ou un café à la même table, un peu de sport ou une promenade avec le chien peuvent constituer d’excellentes façons de délibérément laisser l’écran et de prendre des nouvelles les uns des autres.

Donner accès à l’aide nécessaire

Il n’est pas toujours facile de grandir. En temps de pandémie, les enfants et les adolescents peuvent vivre des moments difficiles. Avez-vous remarqué un changement soudain d’humeur, de comportement, d’appétit ou de qualité du sommeil ? Le cas échéant, il est peut-être temps d’encourager votre enfant à obtenir du soutien professionnel. En lui fournissant une liste de ressources destinées aux jeunes, comme celles que propose Objectif avenir RBC, vous lui rappellerez qu’il peut demander de l’aide au besoin.

Selon un rapport publié en 2019 par Statistique Canada, près de 100 % des jeunes Canadiens de 15 à 24 ans utilisent tous les jours Internet ou un téléphone intelligent. Compte tenu de toute cette vie passée en ligne, il est sans doute plus important que jamais pour les jeunes et leurs parents de garder le contact, de parler du bien-être numérique, et d’accorder la priorité à la santé mentale.

Signes indiquant que vous devriez consulter un psychologue

Selon la Commission de la santé mentale du Canada, seulement une personne sur trois se fait traiter lorsqu’elle souffre d’un problème de santé mentale, ce qui est bien moindre que ce qu’on constate pour les autres problèmes de santé.

Suivant les recommandations de MentalHealth.gov, prêtez attention aux signes suivants:

  • Sommeil trop court ou trop long
  • Tendance à se retirer de ses activités sociales habituelles
  • Manque d’énergie, torpeur, sentiment d’impuissance, désespoir
  • Consommation accrue de tabac, d’alcool ou de drogues
  • Humeur changeante, irritabilité ou colère non contenue
  • Anxiété ou dépression
  • Vulnérabilité aux comportements autodestructeurs
  • Incapacité à accomplir ses tâches quotidiennes

Sources :
1. Impacts of the COVID-19 Pandemic on Young People in Canada. U-REPORT CANADA. Unicef Canada et One Youth. Mai 2020.
2. Cyberbullying facts and statistics for 2020. Comparitech Limited. 11 novembre 2020.
3. Blue light has a dark side. Harvard Health Publishing, Harvard Medical School. 7 juillet 2020.

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.