Il est important d'observer son enfant pour bien comprendre son comportement normal et réagir à point nommé si quelque chose ne va pas.

Les jeunes adolescents doivent composer avec une multitude de changements à cette étape de leur développement. Ces changements touchent leur évolution cognitive, physique, psychologique et sociale. Chaque jeune a un parcours qui lui est propre et présente des caractéristiques uniques. En règle générale, toutefois, au cours de cette phase de leur développement, les jeunes adolescents ont tendance à plusieurs égards à osciller entre l’enfance et leur maturité naissante. En ce sens, le passage à l’adolescence s’accompagne souvent de changements brusques et de l’acquisition rapide de nouvelles aptitudes.

La croissance se passe d’abord sur le plan physique, avec l’apparition plus marquée des caractéristiques sexuelles. Lorsque les enfants amorcent leur puberté, ces changements physiologiques peuvent les inquiéter. Quand le processus de maturation sexuelle est rapide, cela peut créer chez eux un malaise, en ce qu’ils se sentent tout à coup différents d’un grand nombre de leurs amis. D’autres jeunes peuvent voir avec appréhension leurs amis grandir plus vite qu’eux et avoir l’impression de prendre une certaine forme de retard.

C’est ensuite sur le plan cognitif que le processus de croissance se poursuit. Les jeunes adolescents passent graduellement de la pensée concrète à une pensée plus logique et abstraite. Cette phase comporte le plus souvent des périodes de croissance et des paliers. Durant les premières années de la vie, les enfants s’intéressent aux faits et à la maîtrise de certaines habiletés. Avec l’acquisition de facultés de raisonnement plus complexes, les adolescents commencent souvent à se soucier davantage des valeurs. Ils apprennent à formuler des hypothèses et essaient d’envisager les choses sous l’angle de leurs expériences personnelles, ils comprennent mieux le passé, ils s’intéressent de plus en plus aux enjeux sociaux, ils commencent à planifier en vue du proche avenir, et ils sont plus conscients de leur position sociale et de l’attitude des autres à leur endroit.

Le troisième stade de développement concerne la croissance sociale et affective des adolescents. À mesure que le sentiment de leur identité émerge, les événements et les gens peuvent susciter chez eux toutes sortes d’émotions et de réactions puissantes. La gaucherie et l’égocentrisme des adolescents peuvent découler de la confusion qu’ils ressentent et de perceptions subjectives de soi. Ils peuvent ressentir des émotions contradictoires par rapport à eux-mêmes, face à l’autorité et à leur envie d’autonomie. Ainsi, les sentiments de malaise causés par leur corps en croissance peuvent se traduire par des sautes d’humeur. Les adolescents sont si sensibles à leur image corporelle qu’ils se vanteront parfois de leur apparence. Les commentaires négatifs peuvent par ailleurs provoquer des réactions excessives qui, aux yeux des adultes qui les entourent, peuvent prendre une allure dramatique.

Les tâches de l’adolescent en devenir consistent notamment à a) progressivement accepter son apparence physique et son appartenance sexuelle, b) acquérir une plus grande autonomie émotionnelle, c) apprendre à faire des choix et préparer son avenir, d) se faire de nouveaux amis et nouer des relations sociales et e) consolider ses valeurs et son sens moral. Les jeunes ont beaucoup à faire pour mener à bien ces tâches, alors qu’ils doivent améliorer leur compréhension, approfondir leurs connaissances, explorer leurs valeurs et intérêts, tout en faisant face à leur propre confusion, en vivant toutes sortes de transitions et en composant avec les attentes de leur entourage.

C’est pourquoi leurs besoins sur le plan du développement sont les suivants : a) espace intellectuel pour explorer, remettre en question et à l’occasion contester, b) communications positives, c) attitudes favorables, d) liberté accrue, e) acceptation par les pairs et les adultes, f) système de valeurs bien établi, g) sécurité psychologique et sentiment de compétence et h) occasions de mettre leurs croyances à l’épreuve, d’exercer leurs choix et d’exploiter leurs nouvelles capacités.

Lorsque ces besoins sont régulièrement satisfaits, les adolescents en règle générale acquièrent de meilleures habiletés d’adaptation, deviennent plus résilients et ont une meilleure estime de soi. Autrement dit, ils évaluent leurs qualités et leurs attributs de manière plus positive et se sentent bien intégrés à leur groupe social de référence. L’estime de soi et la validation étant importantes à la maison comme à l’école, les objectifs pédagogiques du programme d’études visent à aider les étudiants sur le plan de l’autonomie, de l’adaptabilité, du sens des responsabilités, de la résolution de problèmes, des aptitudes à communiquer, de la capacité à s’évaluer avec réalisme et du respect des autres. L’établissement de bonnes relations entre parents et enseignants crée un partenariat important qui contribue à aider les adultes de demain à s’épanouir.

Si, en tant que père ou mère d’un adolescent, vous constatez que celui-ci est plus renfermé ou préoccupé qu’à son habitude, sachez que vous pouvez obtenir une consultation ou un suivi auprès de nombreuses ressources. Consultez les professionnels en santé mentale de l’école de votre enfant, y compris l’équipe de soutien scolaire. Des ressources gratuites en ligne mises au point de concert avec des psychologues vous procureront également le soutien et les conseils nécessaires en matière d’intervention. L’ABC de la santé mentale en est un bon exemple. Il s’agit d’une ressource gratuite bilingue à l’intention des enseignants et des parents sur les besoins des enfants et des jeunes jusqu’à 18 ans. La Fondation de psychologie du Canada offre un large éventail de ressources gratuites en ligne, dont le site www.strategiesurlestress.ca

Ester Cole : Reproduction autorisée
Ester Cole, Ph. D., est psychologue en bureau privé à Toronto et offre des services aux enfants d’âge scolaire, aux jeunes, aux familles et aux écoles. Elle a été présidente du conseil d’administration de la Fondation de psychologie du Canada et du programme Parents pour la vie, et a présidé l’Ontario Psychological Association et la Canadian Association of School Psychologists. Auteure et conférencière de renom, elle siège à différents comités à l’échelle tant provinciale que nationale ainsi qu’à l’American Psychological Association. Suivez la Fondation de psychologie du Canada sur Twitter, Instagram et Facebook et rendez-vous au site fondationpsychologie.org pour accéder à diverses ressources à l’intention des parents et soutenir le bien-être mental de votre enfant.

 

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.